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Lugubre forêt, rencontre inattendue, un nouveau départ ?

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MessageSujet: Lugubre forêt, rencontre inattendue, un nouveau départ ? Jeu 12 Juil - 23:21

C'était un coin sombre et lugubre, l'air était devenu irrespirable, je suffoquai. Les membres de mon corps s'engourdissaient. Mes articulations craquaient. Le sol dur, peut-être trop, était glacial, tandis que le vent humide. Habillé de quelques feuillages morts ici et là ainsi que de débris. Un vaisseau lacéré, du bois, des branches, des hélices et tout un tas d'autres ordures. Il y avait eut un accident. Mais autre-chose, aussi. Une fumée mêlée à la poussière raflait le sol. D'une fraîcheur rare, elle émettait un sifflement lourd, épais qui me titillait l'ouïe. Il y avait des arbres. D'innombrables arbres. Ils étaient sûrement morts. Je glissai ma main sur l'un d'eux. Et il me semblait bien faible. Il ne ressentait plus rien. Ne disait rien. Aucunes vibrations parcouraient le tronc de cet arbre. Je me trouvai au sein d'une forêt mystérieuse. Le temps semblait s'être stoppé. Ou bien la forêt. Elle était figé, la nature s'était pétrifiée de son plein gré. Seul le sol et le vent recevaient encore quelques fines vibrations. Elles me guidaient. Je lâchai ce tronc d'arbre, ramenant ma main au niveau de mes hanches. Cette forêt ne pouvait crier à l'aide, mais elle en avait besoin. C'était un endroit dangereux. Les ronces solidifiées ne faisaient que rajouter un danger de plus. Et sans doute la présence de monstres était à déclarer. Mes pupilles se baladaient. Inutilement, certes. Les bottines qui me chaussaient les pieds claquaient sèchement contre ce sol délabrée. Une fraîche brise venait souffler, de temps à autres, soulevant quelques mèches avec délicatesse.
J'avançai avec prudence.

L'idée d'être sur un nouveau monde était effrayante, mais intrigue à la fois. Je n'étais plus sur Ivalice. Tous mes repères n'existaient pas dans ce monde dont j'ignorai encore le nom. Tout autour de moi semblait s'être stagné. Je poussai, d'une main frêle, les branches qui me barraient la route. Mortes, elles aussi. Je sentais que la forêt s'était défendue, dans le passé. Mais contre qui, contre quoi ? Enfin. Ce n'était pas mes oignons, j'imagine. Non loin de moi, le corps de ce vaisseau de bois déchiqueté aussi bien intérieurement qu'à l'extérieur me faisait face. Il était imposant et l'était sûrement plus quand son état se portait mieux. Je pouvais percevoir sur le terrain, près du cadavre du vaisseau, quelques feuilles, planches de bois et d'autres insignifiants objets brûlés. Etait-ce un feu qui aurait mal tourné ? Non. Cela avait été pire. Un brasier incontrôlable qui aurait forcé les occupants du navire à fuir. Intriguée, je m'aventurai entre les planches dudit bateau volant qui tombait en miettes. Mes sens étaient brouillés par l'absence crucial de vibrations. Les quelques-uns que je discernai étaient diffuses et vagues. La vue aurait été d'une grande aide. Malheureusement, j'étais, comme depuis ma naissance, dépourvue de vision, ma cécité étant éternelle, je devais faire avec. Et loin de moi l'idée de m'en plaindre, bien sûr.

Péniblement, je m'enfonçai dans les débris du vaisseau abandonné. Je pensais pouvoir y trouver quelque-chose d'intéressant. Un truc ou une chose qui m'en apprendrait plus sur ce monde bien anormal pour l'instant. J'avais de plus en plus de mal de percer les ondes. Cet endroit était vraiment à l'article de la mort. Je déglutissais doucement, ma gorge se resserrait, mon estomac se nouait. J'avais peur. Mes membres tremblaient. Mais malgré cette peur omniprésente, je décidai par-dessus tout de continuer mon aventure dans ce débris de bois et de pourritures. Les bûchettes grinçaient à chaque fois que je posai le pied. Mon cœur cognait fort dans ma poitrine, la sueur coulait le long de mes joues pour finir au sol, provoquant de petits sons frustrants. J'étais sur la défensive, prête à sortir les crocs si l'occasion se présentait. Je pouvais pressentir un pilier de bois devant moi. Je m'y accoudai, mais il était si pourri qu'il se cassait. Le stresse ne faisait que monter davantage. Je faisais quelques bons en arrière, esquivant le bois qui tombait. Enfin, je courbai le dos, plissait des jambes pour positionner mes mains sur mes genoux tremblotants. Ma respiration s'était coupée le temps de quelques secondes. Et j'étais essoufflée par l'effroi. Que m'arrivait-il ? Je fatiguai. Une léthargie s'abattait sur mon moral. Les paupières lourdes, mon corps ne tenait plus son propre poids. Je tombai à la dérive, fracassant le sol qui peinait à rester indemne. Il y avait tant de pourritures, l'atmosphère pesait, l'air était lourd. Ma vue se floutait.
Avais-je été empoisonnée ? Non, ce n'était pas un quelconque poison. L'atmosphère était bien trop pesante pour moi. Un mal de tête insupportable venait s'emparer de moi. Le changement de monde avait été si violent. Difficilement, je me relevai, prenant tout mon temps. Il fallait que je sorte d'ici, c'était un vrai cauchemars. Soudain, un craquement se faisait entendre en écho non loin.


«  Y'a quelqu'un ? » sifflai-je. Puis, je répétai en haussant le ton.

Aucunes réponses ne parvenaient. J'entendais alors un gloussement. Attrapée sauvagement par la peur, je courrai à toute vitesse, je manquai de peu de me cogner aux murs délavés. Je courrai à m'en broyer les os des jambes, mains devant, j'avançai en fonction des murs, du touché, j'avais peur, je ne respirai plus, affolée, je cherchai un moyen de m'évader, de m'enfuir de ce tas de déchets, à l'aide, je criai à l'aide, je hurlai à l'aide, que se passait-il, que m'arrivait-il, ce monde était effrayant, sortez-moi d'ici, je vous en pris !! Et enfin, après une course effrénée, je m'échappai de cet endroit à en devenir fou. Quelques flaques gisaient au sol, sans vraiment le vouloir, je fonçai dedans. Je tombai. L'éclaboussure fusse si violente que cela me faisait quelques rouges sur la peau. Les larmes étaient sur le point de couler, mais je les retenais. J'étais toute trempée et tremblotante. Sortant de la flaque d'eau, j'allai me recroqueviller sur moi-même, dans un coin. J'avançai de part les vibrations du sol, de l'air et de tout ce qui pouvait avoir un quelconque contact avec une onde. Mais dans un tel endroit, je n'étais qu'une simple fille, déboussolée. Jouer la dure ne servait plus à rien ici. C'était dans ce genre de moment que la situation me rappelait ce que j'étais : une aveugle. Alors les autres mondes étaient si effrayants que cela... ? Ce... Ce n'était pas pour moi... malheureusement.

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MessageSujet: Re: Lugubre forêt, rencontre inattendue, un nouveau départ ? Mar 17 Juil - 11:53


Par là, un bruit suspect. La grande Viéra c'était alors furtivement hissée contre un mur, esquissant un grand pas souple pour se terrer dans l'ombre. Sa longue chevelure argentée avait suivi sa course, ondulant parmi les faisceaux de lumière qui s'échappaient d'entre les lattes de bois. Ses bras venaient de se rabattre sans un bruit sur son corps tendu et inflexible tandis qu'elle taisait ses sens pour laisser son ouïe percer le mystère. Si elle se cachait, ce n'était pas par inquiétude. Elle n'avait pas peur. Et bien que cet endroit lui était encore inconnu et hostile, elle n'en avait crainte. Elle se méfiait, simplement, et n'avait pas l'intention de foncer tête baissée sans réfléchir. Les pirates de l'air n'attachent de toute façon pas d'importance aux endroits dans lesquelles ils s'arrêtent, ils oublient leur passé pour s'abandonner aux caprices du ciel. Elle voguait donc, d'endroits en endroits sans jamais espérer qu'ont l'y attende et n'avait donc jamais ce sentiment d'être perdue ou sans repères. Malgré tout, le mystère le plus totale demeurait. Cet endroit n'avait rien à voir avec l'Ivalice qu'elle connaissait si bien - pour avoir arpentée cette dernière jusqu'à découvrir ses plus précieux secrets et pillé ses plus beaux trésors – et chaque information capable de la guider lui serait certainement précieuse.

Où était-elle tombée ? La question était pourtant simple, mais restait encore sans réponse. Tout ce qu'elle avait observé jusqu'à présent, c'était ce vide oppressant qui scindait une végétation comme figée à jamais dans l'espace. Les couleurs ternes de la forêt, oscillant dans des nuances sensibles de gris et de vert rendaient cette nature singulière plus silencieuse et morte. Le peu de lumière qui passait d'au travers le feuillage luxuriant confiait à l'atmosphère un éclairage tamisé et étouffant, comme si une épaisse fumée prenait le pas sur la flore. Fran qui avait l'habitude des grands espaces se sentait enfermée et contrainte. Peut être n'était-ce pas dû au mysthe, mais tout transpirait un vide pesant comme si ça l'avait été. Puis enfin, au cœur de la forêt inanimée, cette étrange carcasse de vaisseau. Elle s'était alors aventurée à l'intérieur, intriguée. Les débris attaqués par les lois du temps, le bois sec et brisé à certains endroits ne laissait guère place au doute : ce dernier avait subit une attaque frontale, et son flanc était brisé de part et d'autre. La grande guerrière avait donc pénétré dans les abysses de ce corps meurtri, espérant trouver des éclaircissement le mystère dans lequel elle baignait depuis son arrivée dans ce nouveau monde. Elle était alors parvenue à la salle des machines, qui , bien que poussiéreuse et dépassée n'avait - d'un simple coup d'oeil - rien à envier à la mécanique complexe et aboutit du Stralh. Le moteur en lui même lui semblait être de la dernière génération. Même les moteurs utilisés pour les machines du monde rurale d'Ivalice n'étaient pas aussi hasardeuses. Vu son état actuel, il était irrécupérable.

Quoi qu'il en soit, les craquements du bois dans le silence le plus profond avait donc suscité sa curiosité. Elle abandonnait alors ses recherches pour s'aventurer dans les entrailles du vaisseau, bien décidée à découvrir l'origine de ce mystérieux bruit « suspect ». Tout en tendant l'oreille, Fran glissait doucement sa main droite sur son arc, tandis que la gauche, dans un commun accord, avait déjà saisit une flèche. Il ne lui suffisait plus qu'à tendre le bras pour donner à la petite pièce de métal innocente toute la puissance meurtrière nécessaire pour abattre sa cible. Mais à l'intérieur, plus rien. Puis au fur et à mesure qu'elle se déplaçait, une respiration rapide et saccadée se faisait entendre. Elle se rapprochait, peu à peu. S'il y avait quelqu'un, elle ne pouvait l'ignorer. La viéra entendit alors une voix de jeune fille, qui bien qu'alarmée, n'avait rien de défavorable à sa présence, bien au contraire. Ses pas la guidèrent jusqu'à l'extérieure, tandis que les sons perçu par ses oreilles dirigeaient ses prunelles rubis sur cet environnement étranger. Il ne lui fallu que quelques secondes pour trouver, recroquevillée dans un coin, une enfant semblerait-il affolée et perdue. Fran rangea son arc dans son dos, il n'était surement pas nécessaire d'effrayer plus que ça l'inconnue, puis elle s'avança doucement vers cette dernière, faisant danser autour d'elle sa longue chevelure. Elle instaura néanmoins entre elle et l'inconnue une distance mesurée, ni défensive ni offensive. Puis, de sa voix suave :

- Se rendre sourd au danger, c'est s'offrir comme une proie et renoncer à son libre arbitre. Ce n'est pas de cette façon que tu protégeras ta vie.

La guerrière restait objective à la vue de la petite humaine amoindrie. L'endroit lui était surement inconnu à elle aussi. Mais Fran n'était pas de nature à tendre la main aussi facilement, elle utilisait les mots à leur juste fonction et se méfiait. L'endroit était dangereux. Elle n'avait ni la prétention de la réconforter, ni l'arrogance de lui faire un quelconque sermon. La viéra ne connaissait rien d'elle pour se le permettre de toute évidence, mais s'inquiétait malgré tout. Lorsqu'elle avait été dans le besoin, ont l'avait aidé. Ses sœurs lui avait appris à toujours aider une personne qui en avait besoin, et elle avait réalisé en arrivant sur Ivalice que cet atout manquait cruellement aux humes : au fond, ils étaient seuls et vivaient en majorité comme des égoïstes. Tout ce dont elle avait pu être témoin, c'est que la jeune inconnue avait laissée la peur la saisir, et qu'elle s'exposait donc inconsciemment au danger.

- Peux-tu te relever ? Dit-elle sans utiliser le ton de la pitié. Je n'ai pas l'intention de t'attaquer, ne t'inquiètes pas.


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Dernière édition par Fran le Jeu 2 Aoû - 22:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Lugubre forêt, rencontre inattendue, un nouveau départ ? Ven 20 Juil - 14:58

Hors-RP:
 

Tendue comme un string, je déboulai dans une flaque d'eau visqueuse et boueuse, qui, de plus, dégageait une odeur infecte. Emparée par la peur, je ne me reconnaissais plus. Habituée à faire la dure, je me retrouvai bien bête, maintenant. Idiote. Je n'étais qu'une pauvre idiote. Partie avec toutes la conviction du monde, je n'avais plus qu'une envie actuellement, c'était de retourner sur Ivalice. Là-bas, au moins, je connaissais tout. J'étais sûre et certaine de ne jamais me perdre. Si cela arrivait, il ne m'aurait fallu que quelques dizaines de minutes pour m'y retrouver. Ici, dans cette sinistre forêt, je n'étais rien de plus qu'une gamine. Une gamine aveugle. Il me manquait sérieusement le sens de l'orientation. Tout cela à cause du cruel manque de vibrations. Enfin. Qu'attendre d'une forêt morte, après tout ? Hmm. Troublée, j'allai me couvrir auprès d'un arbre sans vie. Je n'étais pas en sécurité, mais le fait de pouvoir palper quelque-chose me rassurait. Me recroquevillant sur moi-même, je ramenai mes jambes à mon menton, encerclant mes jambes par mes bras. Je posai, désespérée, mon menton sur mes genoux, retenant mes larmes de couler. La fierté m'avait toujours suivit dans chacune de mes décisions et chacune de mes destinations. Je ne pleure pas facilement. Et ce n'est pas aujourd'hui que je me rabaisserai à ce niveau. Conne ? Fière, nuance.

Je ne daignai même plus décrypter les quelques rares vibrations qui parcouraient vaguement cette vaste forêt, aussi lugubre soit-elle. Qu'allai-je faire, à présent ? Pourrir ici n'était pas l'option dont je rêvai, pourtant c'était la plus probable pour le moment. Malheureusement. Je posai délicatement une main sur le sol glacial, la paume de ma main fut bien vite rafraîchie. Je n'étais pas rassurée. N'ayant qu'une envie – celle de m'enfuir, je prenais sur moi pour rester calme. Le plus possible. Alors que je tentais – de nouveau – entendre résonner les ondes, quelques-unes approchaient à grands pas de moi. Elles étaient calmes et reposées ce qui eut pour effet de m'apaiser. Un monstre ? Non, un monstre ne serait pas aussi calme. Et puis, dans mon état actuel, il se serait déjà jeté sur moi et m'aurait déchiqueté avec ses crocs. C'était une personne comme moi, un humain. Une humaine, pour le coup. Ladite femme dégageait une aura particulièrement familière. Je ne prenais pas le temps de lever la tête, plongeant cette fois-ci mes deux mains sur le sol. Ses pieds durement encrées dans le sol brumeux et glacial, elle inspirait pour finalement, d'une voix reposante mais ferme, s'adresser à moi. Cette façon de se tenir, cette façon de parler. Tous les éléments laissaient penser qu'il s'agissait d'une viera. Une race constituée uniquement de femmes aux allures de lapines. À moins qu'il y ait des vieras sur les autres mondes, cette dernière venait d'Ivalice, tout comme moi. Je fusse rassurée en une demie seconde, reprenant petit à petit mon calme. Mes os arrêtaient de trembler. Je me relevais, beaucoup plus petite que ladite viera. Il faut avouer que cette race est aussi connue pour leur taille démesurée.

Je reprenais confiance simplement à l'ouïe de cette voix féminine. D'une grâce et d'une classe sans pareille, la jeune femme me demandait si je pouvais me relever, en précisant qu'elle ne me voulait aucun mal. Sur mes deux pieds, ma fierté venait de prendre une claque gigantesque. Maintenant, une personne m'avait vue paniquée et, qui plus est, totalement perdue et abattue mentalement. Je me sentais ridiculement pathétique. L'amertume s'installait paisiblement sur ma langue, un goût dur à avaler. Je restais ainsi, debout devant cette viera purement inconnue, tête baissée, gênée. Que faire, que dire ? De part sa carrure et sa masse corpulente, la jolie viera n'était pas imposante. Mais sa classe, son air dur et sa beauté faisait d'elle une personne très intimidante. Mes pommettes devenaient sensiblement rouge, tentant tant bien que mal de voiler ceci avec mes longs cheveux. Je fermai les yeux, respirai un grand coup. Et encore une fois. Et une fois de plus. Et la troisième pour terminer en beauté. Enfin, je me décidai à relever le menton, fixant cette jeune viera. Toujours aussi intimidée, je détournais légèrement la tête pour commencer d'une voix cassée et tremblotante.


« Je... hmm... » dis-je, bloquée. Cela ne ressemblait à rien et ne voulait rien dire, je sais. Mais je reprenais aussitôt : « Je viens de Ivalice. Et... euh... vous ? » daignai-je dire. Quelle allait être sa réaction ? La différence de taille était telle que je me reculais de deux ou trois pas en arrière. Je serrai les dents. Je jouai avec mes ongles et les plis de mes vêtements. C'était une situation embarrassante dans laquelle je n'avais jamais été jusqu'à aujourd'hui. Sa présence était imposante et m'écrasait presque, moi qui était devenue si fragile en une fraction de seconde. Mais sa présence était rassurante et je me sentais en protection. Du moins, pour le moment. Sur mon monde natal, je n'aurai jamais réagi de cette manière. Je l'aurai presque agressé sans lui laisser le temps d'en placer une. Mais ici, je ne pouvais me permettre un tel comportement, surtout face à une parfaite inconnue. Continuant de tricoter ci ou ça, je relevais d'un poil ma tête. J'arrêtai soudain de tripoter tout ce qu'il me passait sous la main. D'ailleurs, je tendais les muscles de mon bras droit vers la belle viera, les vibrations étant encore brouillées, j'avais besoin d'un contact, un réel contact afin de pouvoir en savoir plus sur ladite personne se tenant debout, face à face.

« Est-ce que... j'peux te prendre la main ? » demandai-je d'un ton hésitant et frustré. Franchement, on aurait vraiment dit une gamine.

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MessageSujet: Re: Lugubre forêt, rencontre inattendue, un nouveau départ ? Jeu 2 Aoû - 22:07


La viéra au teint mat s'était donc avancée vers la jeune humaine. Faisant danser autour d'elle son abondante chevelure argenté tandis que le claquement de ses talons dans l'eau ainsi que le bruissement de ses hautes jambières accompagnaient ses pas. La petite demoiselle en question s'était repliée contre l'écorce rêche d'un arbre mort. Assise dans l'herbe en friche, le regard figé dans le vide, une cascade de mèches au blanc cassé cachait fièrement son visage ovale. Mais malgré cet effort empli d'humilité, il n'était pas difficile de deviner les incertitudes qui assaillaient intérieurement ce petit corps d'adolescente. La guerrière n'avait pas ressenti ne serait-ce qu'une seule once de pitié à cette vue. Les humains étaient sans cesse animés par des doutes, mais se relevaient plus fort à chaque fois. Et puis, elle avait vu tant de fois ces derniers osciller entre la désillusion et l'espérance, qu'elle savait que quoi qu'il se passerait, ils conservaient leur fierté intacte et finissaient par se relever pour lutter de plus belle. Les humes n'étaient pas aussi méprisants et faibles que ses comparses le lui avait murmuré. Lorsque Fran fut à quelques pieds de distance, l'inconnue c'était comme apaisée. Surement c'était-elle attendue à voir surgir un monstre d'entre les buissons, et s'était rassurée de ne pas avoir senti d'hostilité dans la démarche pacifique de la guerrière.

La première chose que Fran avait remarquée en constatant la demoiselle, fut la position inaccoutumée que cette dernière avait adoptée en la sentant arriver : en effet, les paumes de ses mains étaient posées sur le sol comme à l'affût de la moindre vibration, tandis que ses pieds, bien ancrés dans le sol semblaient eux aussi s'atteler à cette tâche incongrue. Lorsque la viéra s'était lentement avancée vers elle, ses prunelles vides avaient été automatiquement orientées vers sa grande silhouette, et il ne se passa pas beaucoup de temps avant que Fran comprenne que la jeune hume était aveugle. Ce n'était pas un handicape récent, elle était bien trop sûre d'elle pour une jeune infirme. Mais après tout, peut importe. Fran était délibérément devenue sourde aux appels de la forêt, reniant l'identité que lui avait confiée cette dernière : pourtant, cela avait-il vraiment fait d'elle un être corrompu et différent ? Non, c'était bien trop facile. Comme la plus profonde des faiblesses devient la plus grande des force, elle avait appris à exploiter ses autres sens. Sans nul doute cette petite demoiselle utilisait son sixième sens pour « voir » à sa manière, et ainsi contre-balancer la perte de sa vue. Quittant sa cachette de fortune, l'humaine avait fini par se lever et s'avancer timidement vers elle, brisant la faible distance que Fran avait instaurée avec l'inconnue.

Son visage pur apparu alors bien plus clairement aux yeux de la grande guerrière. Mais tandis que la demoiselle semblait la sonder, ses joues déjà sensiblement pigmentées de rose prirent tout à coup une couleur plus soutenue, qu'elle se hâta d'ailleurs de dissimuler sous de longues mèches décoiffées et humides. Détournant son visage pour tenter – toujours en vain – de se cacher, sa petite voix retentit de nouveau aux longues oreilles de la guerrière. Bien que brisée, l'écho de cette dernière semblait bien moins encline au désespoir que lorsque la pirate l'avait perçue pour la première fois. D'après ses dires, elle aussi se déclarait être d'Ivalice. Sur cette terre encore inconnue et inexplorée, l'évocation de son monde d'origine paru comme perdu parmi tant d'autres. Un simple et banale mot, accolé au sentiment de liberté que lui aspirait son évocation. Rabanastre, Bhujerba, Archadès, le port Balfonheim et même le vaste ciel d'Ivalice lui semblèrent s'être égarés dans l'immensité des astres. Si dans la forêt d'Eruyt, elle avait eu la sensation d'avoir toujours été une tâche imperceptible, elle n'était maintenant plus qu'un microcosme ridicule sans importance, égaré dans un vaste anonymat. Sa jeune interlocutrice l'avait elle aussi compris, surement. Elles n'étaient pas chez elles ici. Tout ce qui faisait corps avec cette forêt morte dans laquelle elles se trouvaient, ses odeurs, sa faune et même sa flore n'appartenaient pas à celle d'Ivalice. Le regard sciant bien que dénué de froideur de la viéra se posta alors sur la jeune humaine qui se tenait devant elle :

- Nous sommes nées sur la même terre alors. Répondit la viéra en guise de réponse.

Fran n'était pas assez visionnaire pour croire au hasard. Pour elle, chaque événement résultait de ce que notre propre volonté créait, de nos décisions et des grands choix qui jalonnent notre vie. Lorsqu'elle avait décidé de toucher ce petit cristal rouge, elle n'avait pas pensé un seul instant à se retrouver ici. Mais, de son propre chef, c'était malgré tout élancée vers l'inconnu. Les grandes aventures ne sont-elles pas faites d'audacieuses surprises et de rencontres incongrues ? De plus, les trésors les plus estimés ne sont-ils pas ceux qui se terrent dans le secret de l'oubli ? Elle était aussi pirate, il ne fallait pas l'oublier. Fébrilement, l'hume s'était mise à triturer des pans de sont vêtement, l'air visiblement incertaine. Fran, quoi qu'intriguée, posa sa main sur sa hanche puis pencha très légèrement la tête sur le côté tout en fixant l'inconnue. Puis, la susnommée tendit une main vers la viéra, lui demandant à la manière d'une jeune enfant si elle pouvait saisir la sienne en retour. Elle ne s'était pas vraiment attendue à ce que l'humaine brise aussi facilement la distance qu'ont habituellement les étrangers l'un envers l'autre lorsqu'ils se rencontrent. Peut être qu'effrayée, elle avait simplement laisser tomber les images de paraître et de politesse que l'ont se fabrique continuellement. Fran saisit spontanément de sa longue main fine et griffus celle non pas moins large, mais plus petite de l'humaine. La guerrière avait délaissé sa méfiance à l'égard de l'inconnue, car après tout, cette dernière n'en avait pas fait preuve à son égard.

- Si nous sommes venus ici même par inadvertance, nous devrions pouvoir repartir. Objecta t-elle, tandis que ces derniers mots se brisaient dans sa voix naturellement rocailleuse. Je me prénomme Fran. Et toi, quel est ton nom ? Questionna la viéra d'une voix cette fois-ci plus suave.


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